En bref : la première étape d’une digitalisation réussie n’est pas le choix de l’outil, c’est la fiabilisation du référentiel salarié. Viennent ensuite la standardisation des trames, la définition du circuit de validation, le traitement de l’historique, puis le déploiement site par site. Compter six à huit semaines pour une PME multi-sites est réaliste.
Pourquoi Excel finit toujours par coincer
Un tableur fait parfaitement le travail jusqu’à un certain seuil. Il commence à coûter cher quand plusieurs personnes le modifient, quand les comptes rendus vivent ailleurs que le suivi, et quand il faut répondre à une question simple : à quelle date le dernier entretien de parcours de ce salarié a-t-il eu lieu, et où est la copie qui lui a été remise ?
Les symptômes sont toujours les mêmes : plusieurs versions du même fichier, des dates recopiées à la main, des comptes rendus dans des boîtes mail, et personne capable de reconstituer un dossier individuel en moins d’une heure.
Étape 1 : fiabiliser le référentiel salarié
C’est l’étape la moins gratifiante et la plus rentable. Avant de parler d’outil, constituez une liste propre : identité, adresse professionnelle, site d’affectation, type de contrat, date d’embauche, manager actuel. Chaque colonne vide vous coûtera plus tard.
- une seule source pour la liste des salariés, et une personne responsable de sa mise à jour ;
- un manager identifié pour chacun, sinon aucun circuit de validation ne fonctionnera ;
- les dates d’embauche vérifiées, car elles conditionnent les échéances individuelles ;
- les absences longues et les reprises repérées, car elles décalent les calendriers.
Étape 2 : standardiser deux ou trois trames, pas dix
La tentation est de reproduire toutes les variantes existantes. Résistez : commencez avec l’entretien annuel, l’entretien de parcours professionnel et, si vous en avez besoin, l’entretien de suivi du forfait-jours. Pour chaque trame, décidez qui répond à quelle question et qui peut la lire.
Gardez une règle en tête : l’évaluation du travail et l’entretien de parcours professionnel restent deux documents distincts. Les mélanger pour gagner du temps crée un compte rendu difficile à exploiter ensuite.
Étape 3 : écrire le circuit de validation avant de le paramétrer
Qui prépare, qui conduit, qui rédige, qui prend connaissance, qui valide, qui archive ? Ces six réponses définissent votre circuit. Écrivez-les sur une page, faites-les valider par la direction, puis seulement ensuite paramétrez l’outil.
Tranchez en particulier deux questions sensibles : la préparation de chacun reste-t-elle privée jusqu’au partage, et que se passe-t-il si un manager quitte l’entreprise au milieu d’une campagne ? Les réponses évitent la plupart des blocages en cours de route.
Étape 4 : décider quoi faire de l’historique
Vous avez probablement plusieurs années d’entretiens dans des fichiers et des dossiers partagés. Ne cherchez pas à tout reprendre. Distinguez ce qui doit rester consultable comme preuve historique de ce qui alimente le nouveau cycle, et ne requalifiez jamais un ancien document en nouvel événement pour combler une case vide.
Dans Entreview, un historique importé reste en lecture seule et ne peut pas lancer de nouvelle campagne : c’est volontaire, et cela évite de fabriquer des dates qui n’ont jamais existé.
Étape 5 : déployer par site, pas partout en même temps
Choisissez un site pilote représentatif, formez ses managers en une heure, menez une campagne complète de bout en bout, puis corrigez les trames avant de généraliser. Un pilote raté sur un site se répare ; un démarrage raté sur cinq sites laisse une trace durable sur l’adhésion des managers.
- une heure de formation par manager, centrée sur son seul écran de travail ;
- un interlocuteur RH identifié pendant les deux premières semaines ;
- une relecture des trames après le pilote, avant la généralisation ;
- un point d’étape chiffré : taux de réalisation, retards, blocages rencontrés.
Ce que vous devez pouvoir faire à la fin
Le test d’un dispositif qui fonctionne tient en quatre questions, auxquelles vous devriez répondre en quelques minutes : où en est chaque campagne, quels entretiens sont en retard, quel est le dernier entretien d’un salarié donné, et où est la preuve qu’il en a reçu copie. Si une seule de ces réponses exige d’ouvrir trois fichiers, le travail n’est pas terminé.
Pour aller plus loin
- La documentation Entreview, pour le détail des écrans et des droits ;
- Entretiens RH 2026 : obligations et calendrier, pour le cadre applicable.
Cet article décrit une démarche de projet. Il ne constitue pas un conseil juridique : les obligations applicables dépendent notamment de votre convention collective et de vos accords, et l’employeur reste responsable de leur mise en œuvre.